Vue d‘ensemble

Les managers suisses en pleine conversation
Mener de front trois entreprises

Il y a une année, Rinaldo Just a pris la direction de Schwabe Group Switzerland et se trouve ainsi à la tête de trois entreprises et cultures différentes. Dans cette édition du Stettler CEO Talk, il parle du processus de transition actuel, de la manière dont il souhaite mettre en œuvre sa stratégie de conduite et chapeauter les trois entreprises ainsi que de son lieu de force personnel à Safiental.

La société Dr. Willmar Schwabe GmbH & Co. KG, sise à Karlsruhe, est reconnue à l’échelle mondiale comme l’une des premières fabricantes de médicaments à base de plantes (phytomédicaments), biochimiques (Dr. Schüssler) et homéopathiques. Sa filiale suisse, Schwabe Group Switzerland, se subdivise en trois entreprises employant plus de 100 personnes: Schwabe Pharma AG, Omida AG et Piniol AG.

Rinaldo Just, en votre qualité de managing director, quelle orientation stratégique suivez-vous pour gérer trois entreprises et trois cultures sous un seul et même toit?

Nous possédons en fait un très vaste portefeuille comprenant à la fois des médicaments pris en charge par les caisses maladie et des produits cosmétiques en vente libre fabriqués par nos soins. Notre structure d’équipe est par conséquent elle aussi extrêmement hétérogène. Nous nous trouvons actuellement en pleine phase de transformation et aspirons à ce que l’ensemble de notre organisation soit encore plus résolument axée sur notre clientèle et nos domaines commerciaux stratégiques. Cela signifie que nous devons nous employer à resserrer nos liens à l’interne et à utiliser davantage les synergies à travers nos différents domaines d’activité. S’agissant de la prospection du marché, nous poursuivons notre stratégie de croissance et entendons consolider nos positions dominantes dans chaque catégorie à l’aide de nos médicaments à base de plantes.

Par quelles mesures stratégiques entendez-vous réaliser vos objectifs?

Il s’agit à présent en premier lieu de s’assurer que l’ensemble de nos collaboratrices et collaborateurs s’engagent sur le même parcours et soient soutenus tout au long de la transition. A tous les échelons, mes collègues s’identifient fortement à leur approche thérapeutique et sont pour la plupart des collaboratrices et collaborateurs de longue date. Nous entendons en outre conserver tous les aspects positifs et créer une image cible commune, qui illustre l’ensemble de nos prestations et dans laquelle notre personnel se reconnaît. D’un point de vue structurel et procédural, nous pourrons par ailleurs compter sur l’introduction prochaine de SAP comme nouveau système ERP au sein de notre organisation. Cela signifie qu’au cours des deux à trois prochaines années, nous devrons optimiser nos structures internes et renforcer nos services numériques tout en consolidant notre position sur le marché à travers l’innovation, le perfectionnement et la communication.

Comment aliez-vous trois cultures d’entreprise différentes?

Pour relever ce défi exigeant, nous nous sommes adjoint les services de conseillers externes, qui accompagneront notre transition au cours des 18 prochains mois. Dans cette perspective, nous cherchons à connaître les personnes derrière ces cultures d’entreprise à tous les niveaux hiérarchiques, ce qui nous permettra d’identifier des représentations et des approches partagées. L’objectif est de consolider les éléments apparaissant dans les trois cultures et de poser des bases communes, sans pour autant renier nos origines. Cette démarche est primordiale, car les collaboratrices et collaborateurs s’identifient à une culture existante que nous nous devons de conserver. En outre, j’organise régulièrement des rencontres mêlant différents niveaux hiérarchiques et fonctionnels à travers nos entreprises. C’est l’occasion pour un logisticien d’Omida AG, un membre du service à la clientèle de Pinol AG, un manager et une collaboratrice ou un collaborateur à temps partiel de se retrouver à la même table.

Schwabe Group Switzerland emploie des personnes de différents horizons professionnels: spécialistes des sciences naturelles, pharmaciens, médecins, guérisseurs, homéopathes, etc. Chaque discipline représente un monde en soi. Quelle importance accordez-vous à cette diversité et comment conciliez-vous ces différentes visions du monde d’un point de vue managérial?

A mon sens, le respect mutuel, la reconnaissance des compétences d’autrui et l’ouverture par rapport aux diverses approches thérapeutiques revêtent une importance cruciale. Une telle diversité demande néanmoins parfois du flair ou certaines clarifications. Je m’efforce toujours de mettre en avant les points communs et de ne pas laisser les divergences prendre le dessus.

Où mettez-vous l’accent dans votre conduite?

J’estime que l’essentiel est de privilégier un échange régulier et authentique. Ainsi, je dirige en mettant en évidence des images cibles, des projets et des résultats et veille à laisser une marge de manœuvre importante à la personne ou à l’équipe responsable à tous les échelons. Je tiens par ailleurs à entretenir un environnement qui permette à notre personnel de se former et de se perfectionner en permanence. J’essaie aussi de réduire le plus possible ma distance aux autres et de rester accessible et obligeant en tout temps pour l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs.

Quel bilan dressez-vous après une année en tant que managing director?

Je dresse un bilan positif et ai le privilège d’accompagner la transformation évoquée précédemment aux côtés d’une équipe très expérimentée. De plus, notre organisation repose sur des bases extrêmement saines, sans compter que nombre de nos marques occupent une position très forte sur le marché.

Dans quelle mesure ressentez-vous l’influence de votre société mère allemande?

Notre société mère nous permet de nous appuyer sur de nombreuses divisions spécialisées et de participer directement à des projets pilote et à des initiatives de développement à l’échelle mondiale. La Suisse étant l’un des marchés principaux de ce groupe familial, on lui prête une oreille attentive. Un échange intensif est par ailleurs entretenu entre tous les pays, ce qui permet à notre siège de très bien appréhender et comprendre les différents marchés locaux. Je considère l’interaction au sein du groupe comme un dialogue d’égal à égal.

Il y a treize ans, le nouvel article constitutionnel visant la prise en compte de la médecine complémentaire a été largement accepté en Suisse. Aujourd’hui encore, les prestations de médecine complémentaire suscitent une forte demande, qui reste encore à la hausse. Quelles tendances observe-t-on concrètement sur le marché des produits phytopharmaceutiques?

Les médicaments à base de plantes sont abondamment prescrits et très demandés, ce qui inspire confiance et renforce notre position sur le marché. Nous constatons toutefois que les autorisations pour de nouveaux produits dans ce domaine sont en recul et que les fabricants se tournent vers d’autres catégories. A notre avis, cela provient du fait que la pratique liée à la mise en œuvre des dispositions réglementaires dépend fortement des mesures générales de réduction des prix et ne tient pas assez compte des avantages que présentent les médicaments à base de plantes en termes de prix et de qualité. Nous luttons en outre contre une «généricalisation» de nos agents végétaux. Il existe des différences de qualité entre les extraits et principes actifs d’origine végétale, qui sont encore trop peu connues des spécialistes et de la patientèle.

Pipeline 2022: que nous réserve Schwabe Group Switzerland?

Nous comptons ajouter une nouveauté OTC à notre palette «gastro» et intégrer parallèlement des solutions galéniques à notre portefeuille de produits liés à la santé mentale.

Vous avez initialement étudié l’économie d’entreprise et travaillez actuellement dans le secteur «classique» de la pharmaceutique. Comment est né votre intérêt pour la phytothérapie?

Je reste très pragmatique de ce côté là. Au bout du compte, ce sont les effets d’une thérapie orientée sur les besoins qui comptent. Si les produits utilisés sont d’origine végétale, je considère cela comme un avantage. Personnellement, je m’intéresse particulièrement à notre rôle en tant que fabricants de phytomédicaments dans la complexité de l’industrie de la santé. Dans ce contexte, tout ne tourne pas autour du produit en soi.

Votre lieu de force personnel est un mayen à Safiental. Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans cette résidence alpine?

J’aime tout spécialement l’isolement dans un beau paysage naturel et la simplicité de l’infrastructure. Il y a par ailleurs toujours beaucoup de travaux manuels à faire, ce qui offre un agréable contraste par rapport à mes activités professionnelles du quotidien. Bien entendu, j’apprécie aussi les beaux moments que je passe là-bas en famille ou entre amis.

Si vous pouviez changer quelque chose en un claquement de doigt, que feriez-vous?

Eh bien, il y a plusieurs choses que je souhaiterais pouvoir changer en termes de politiques sociale, climatique et géopolitique. Toutefois, sur le plan professionnel, j’aimerais beaucoup pouvoir claquer des doigts et concevoir de A à Z un nouveau système de santé en Suisse.

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Quelles sont les clés d’une conduite efficace dans l’environnement dynamique du secteur de la santé? Qu'est-ce qui rend les employeurs attrayants dans l’industrie pharmaceutique, les technologies médicales et en milieu hospitalier? Tous les mois, le Stettler CEO Talk donne en exclusivité la parole à des cadres suisses et leur permet de s’exprimer sur ce qui les anime et ce qui fait évoluer l’industrie.

© Stettler CEO Talk
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